Architectures Nues, exposition à la Galerie Métamorphik, Ste-Foy-Les-Lyon, septembre 2015

 

L'exposition Architectures Nues a été présentée pour la première fois par la galerie LARNOLINE à Sauve en juillet 2015, en OFF du festival international de la photographie d'Arles. Caroline Vachet et Arnaud Delmas ont donc durant un mois défendu mon travail.

Afin de la faire voyager et pour la montrer à mes amis lyonnais qui n'avaient pas eu la chance de la découvrir à Sauve, j'ai demandé à Olivier Deléage s'il pouvait me prêter son magnifique lieu d'expositions, d'échanges et de fêtes. L'occasion également de "coller" à l'actualité lyonnaise et faire partie en quelque sorte des festivités de la biennale d'Art Contemporain. Et...d'annoncer le début d'une nouvelle série de photographies sur le corps...

 


Un Autre Paysage - Exposition au GAC d'Annonay du 30 octobre au 8 novembre 2015

Interview au GAC, vendredi 30 octobre 2015

 

 

Un autre paysage

 

En résidence à Moly-Sabata, un paysage s’est immédiatement imposé à moi, vu en plongée du haut du pont arrivant à Sablons. Encore plus fascinant vu d’en bas, les hautes montagnes de granulats et de sel se décrochaient de ciels variables, m’emportant déjà dans les hautes sphères de mon imagination : pierriers des montagnes, sommets rocheux et enneigés, glaciers de l’Himalaya…Des lieux où le silence impose l’humilité.

 

« Au désert, le silence est une affaire entendue : silence minéral du sol ou silence du ciel, tout se tait et à jamais » [1]

 

Dans un désir d’épure toujours plus fort et dans cette quête permanente de l’essence des choses, je continue à vouloir extraire le sujet de son contexte et éviter l’anecdotique. Ici par le cadrage puis la mise en place d’une nuit artificielle  par le « remplissage » en noir des parties qui ne m’intéressent pas. Le noir me permet ainsi de jouer sur l’ambiguïté de sa couleur et de sa densité, de parler du vide et du plein, de la finitude et en même temps de l’infini là où le regard se cogne ou se perd…N’apparaissent alors que les montagnes de matières qui malgré leur fragilité offrent au contraire des paysages puissants, silencieux et intemporels.

 

«  Entrons dans le noir pour mieux y voir » [2]

 

Ce travail répond aussi à des questionnements environnementaux et écologiques, qui ont été mis en exergue lors de discussion avec des employés de la société, comme celui du remplacement de la matière extraite en fin d’exploitation des sites. Problème entre autre sous-tendu par la conquête de l’espace, la recherche d’autres territoires habitables et la possibilité d’un exil de l’homme vers d’autres planètes en cas d‘épuisement total des ressources naturelles.

 

Aurélie Foussard

30-10-2015

 

 

 

 

 

 



[1] Paul Virilio, La pensée exposée,  ed. Actes Sud, mai 2012, p 169

[2]  Michel Serres, Yeux, Paris, ed. Le Pommier, 2014, p 36



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